Onchocercose (cecite des rivieres)La maladie et ses causes - Impact sur la population - Distribution - Ampleur du problème - Interventions - Le Programme de Lutte contre l'Onchocercose en Afrique de l'Ouest (OCP) - Autres programmes de lutte L'onchocercose ou cécité des rivières est une maladie parasitaire ayant pour vecteur un insecte qui se reproduit dans l'eau. C'est la deuxième cause principale de cécité d'origine infectieuse dans le monde. La lutte contre les gîtes larvaires d'insectes dans les rivières constitue un des piliers de la prévention. La maladie et ses causesL'onchocercose ou cécité des rivières est une maladie parasitaire causée par Onchocerca volvulus, un ver parasite mince qui peut vivre jusquà 14 ans dans l'organisme de l'homme. La maladie est transmise d'une personne à l'autre par la piqûre d'une mouche, la simulie (Simulium). La simulie pond ses ufs dans les eaux de rivières à courant rapide, lesquels se transforment en simulies adultes au bout de 8 à 12 jours. Après l'accouplement, la simulie femelle cherche habituellement à s'alimenter et, en piquant une personne infectée par l'onchocercose pour prendre un repas de sang, elle peut ingérer les larves du ver, lesquelles peuvent alors être transmises à la personne suivante piquée par la simulie. Les larves du ver se transforment par la suite en vers adultes et s'installent dans les nodules fibreux de l'organisme près de la surface de la peau ou des articulations. Impact sur la populationChaque ver femelle adulte (macrofilaires) qui peut mesurer plus d'un ½ mètre de long, produit des millions de jeunes vers microscopiques (microfilaires). Les microfilaires migrent à travers la peau et, lorsqu'elles meurent, causent des démangeaisons intenses et une dépigmentation de la peau (« peau de léopard »), des lymphoedèmes provoquant des aines pendantes et un éléphantiasis des organes génitaux, des troubles graves de la vue, et la cécité lorsqu'elles atteignent les yeux. Les symptômes de la maladie chez une personne apparaissent généralement 1-3 ans après l'infection. DistributionOn trouve l'onchocercose dans 36 pays d'Afrique ainsi qu'au Guatémala, dans le Sud du Mexique, dans certaines zones du Venezuela, des petites zones du Brésil, de Colombie et d'Equateur, et dans la Péninsule arabique. Ampleur du problèmeL'onchocercose constitue la deuxième cause de cécité d'origine infectieuse dans le monde. Au total, 18 millions de personnes sont infestées dans le monde. Sur celles qui sont touchées en dehors de l'Afrique de l'Ouest qui est couverte par le Programme de Lutte contre l'Onchocercose, plus de 6,5 millions souffrent de démangeaisons intenses ou d'une dermatite et 270 000 ont perdu la vue. InterventionsIl y a deux mesures principales prises pour lutter contre l'onchocercose: les pulvérisations de larvicides sur les simulies dans les gîtes larvaires, et le traitement des patients avec un médicament (l'ivermectine) qui tue les jeunes vers. Le Programme de Lutte contre l'Onchocercose en Afrique de l'Ouest (OCP)Le Programme de Lutte contre l'Onchocercose en Afrique de l'Ouest (OCP), parrainé conjointement par l'OMS, le Programme des Nations Unies pour le Développement et l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture, et soutenu par une coalition de 20 pays et organismes donateurs, a été lancé en 1974 et couvre actuellement une population totale d'environ 30 millions de personnes dans 11 pays. L'OCP uvre pour lutter contre l'onchocercose afin d'interrompre le cycle de transmission du parasite. Les larves des simulies sont détruites par lépandage aérien de larvicides sur les gîtes larvaires dans les rivières à fort courant de manière à ce qu'elles ne se transforment pas en simulies capables de transmettre le parasite. Depuis 1987, l'utilisation de l'ivermectine en association avec lépandage aérien de larvicides a eu un impact remarquable sur la transmission de la maladie et en a fortement réduit l'impact sur l'homme. Lorsque le programme a été lancé il y a 27 ans, 1 million de personnes en Afrique de l'Ouest souffraient de l'onchocercose, dont 100 000 présentaient des lésions oculaires graves (y compris 35 000 devenues aveugles). On espère que d'ici la fin de l'an 2002, date à laquelle le programme devrait mettre fin à ses opérations, l'onchocercose sera éliminée en tant que problème de santé publique et obstacle au développement socio-économique dans cette zone. Autres programmes de lutteAvec le Programme africain de Lutte contre l'Onchocercose (APOC) lancé en décembre 1995, des efforts de lutte sont déployés actuellement dans 19 autres pays d'Afrique, outre les 11 pays de l'OCP. L'intervention de l'APOC est basée principalement sur le traitement par l'ivermectine entièrement planifié et géré par les communautés elles-mêmes. L'objectif du programme est principalement détablir un mécanisme efficace et rentable de distribution du médicament dans les communautés des zones endémiques sur une période de 12 à 15 ans. En 1992, le Programme d'Elimination de l'Onchocercose dans les Amériques (OEPA) a été lancé dans six pays. La distribution d'ivermectine a été la principale stratégie d'intervention et le programme est maintenant en train de préparer la certification de lélimination de l'onchocercose dans ces pays. Préparé pour la Journée mondiale de l'Eau. Revu par le personnel et les experts du Groupe organique des maladies transmissibles (CDS) et le Service Eau, Assainissement et Santé (WSH), Organisation mondiale de la Santé (OMS). WHO/WSH/WWD/DFS.11
| |