Station d’épuration de Bois-de-Bay : l’histoire d’une STEP transfrontalière

L’Allondon est l’une des rivières les plus riches du canton du Genève. Elle prend sa source dans le pays de Gex en France, pour descendre à travers des vallons boisés et des plaines ouvertes et rejoindre finalement le Rhône à Genève.

Ecrin de biodiversité, cette rivière transfrontalière souffrait depuis des années de problèmes d’assainissement. Elle parvenait en effet difficilement à absorber les effluents de deux stations d’épuration situées en France. Ces STEP étaient devenues obsolètes et surchargées et la rivière subissait de manière récurrente des pollutions accidentelles.

Pour remédier à cette situation et sauvegarder l’Allondon, les partenaires suisses et français se sont rassemblés en 2005 pour coordonner leurs réflexions, leurs actions et trouver une solution à l’échelle transfrontalière. C’est ainsi qu’est né le projet commun de démanteler les deux STEP désuètes et d’acheminer les eaux usées françaises vers une nouvelle station d’épuration construite sur le sol Suisse. Les effluents de cette nouvelle STEP pouvaient alors se déverser dans le Rhône qui a une capacité d’absorption beaucoup plus grande que L’Allondon. De plus, cette solution permettait de supprimer une troisième STEP obsolète qui se trouvait cette fois du côté suisse et qui rejetait des eaux de mauvaise qualité dans le Rhône.

Ce projet s’inscrivait dans le cadre d’un contrat de rivières transfrontalier préexistant (contrat de rivières du Pays de Gex, signé en 2004). Mais la concrétisation politique et juridique de cette collaboration fut complexe. Afin de permettre le raccordement des eaux usées françaises sur le réseau suisse, une galerie devait être construite. Bien que située sur le territoire helvétique, sa réalisation, son exploitation et son financement devaient être pris en charge par la France. Pour régler ces questions, un Groupement Local de Coopération Transfrontalière (GLCT) a été créé. Une convention signée par la communauté de communes du pays de Gex (CCPG), le GLCT et l’Etat de Genève a aussi fixé le principe de la participation de la CCPG aux frais d’investissement et d’exploitation du réseau primaire genevois (la taxe d’épuration au m3 d’eau consommée). Des méthodes concertées qui ont permis l’aboutissement d’un projet transfrontalier minutieux avec la mise en service la STEP de Bois-de-Bay en avril 2009. Cette dernière traite désormais les eaux usées d’une partie de la région du pays de Gex, ainsi que celles de plusieurs communes genevoises.

La réalisation de la STEP de Bois-de-Bay et la construction du réseau d’amenée tant du côté suisse que français montrent qu’il est possible de franchir les frontières administratives pour travailler ensemble dans la logique du territoire naturel et pérenniser les efforts réalisés en matière d’assainissement, dans l’intérêt de la qualité des cours d’eau du Grand Genève.

 

Direction générale de l’eau du canton de Genève.

Personne de contact: Alain Wyss/ Directeur du service de la planification de l’eau.