World Water Day 2001: Water for Health

Table de matieres

L'eau pour la santé: prendre les choses en main
1. L'eau et la santé - deux ressources précieuses

Eau & developpement: la relation avec la santé - Gestion de l'eau pour reduire les risques sanitaires - Sauver la vue - L'eau et la santé: le rapport avec la pauvrete - Occasions manquees

Vu de l'espace, la terre apparaît comme une planète « bleue » parce que la plus grande partie de sa surface est recouverte d'eau. Mais seul 2,5% de cette eau est douce, et la plus grande partie se trouve gelée et inaccessible dans les calottes glacières et au Groenland, laissant moins d'1% d'eau douce disponible dans les lacs, les rivières et le sous-sol.

Les hydrologistes estiment que le flux annuel moyen de toutes les eaux douces du monde se situe entre 35 000 et 50 000 km3. Du fait d'une combinaison de facteurs géographiques, environnementaux et financiers, ainsi que de la pollution accrue due aux déchets industriels et municipaux, de la filtration des engrais et des pesticides utilisés dans l'agriculture, environ un tiers seulement des eaux douces potentielles du monde peut être utilisé pour les besoins de l'homme. Au fur et à mesure que la pollution augmente, la quantité d'eau utilisable diminue.

L'eau contribue beaucoup à la santé. Une bonne santé est l'essence du développement. Toutefois, le rôle protecteur de l'eau est largement méconnu et considéré comme un dû dans les pays plus riches. Une attention plus grande est accordée à son rôle dans la transmission de la maladie que dans la protection de la santé. L'eau contribue à la santé directement dans les ménages au travers de l'alimentation et de la nutrition, et indirectement comme moyen de maintenir un environnement sain et divers. Ces deux ressources précieuses - l'eau et la santé - ensemble pourraient renforcer les perspectives de développement.

Eau & developpement: la relation avec la santé

Les pauvres sont plus susceptibles d’être en mauvaise santé que ne le sont les gens plus aisés. Ils manquent de systèmes d'approvisionnement en eau potable adéquats et de méthodes saines d’élimination de leurs déchets. Le manque d'eau et d'assainissement crée les conditions idéales qui permettent le développement des maladies transmises par voie oro-fécale.

Toutes les études montrent que, lorsqu'une communauté améliore son approvisionnement en eau , son hygiène et/ou son assainissement, sa santé s'améliore. Par exemple, la diarrhée peut être réduite de 26% lorsque l'eau, l'hygiène et l'assainissement de base sont assurés. Pourtant les statistiques montrent une situation terrible. Quarante pour cent des six milliards d'habitants de la planète ne disposent pas de moyens d'assainissement acceptables, et plus d'un milliard d'habitants tirent leur eau de sources malsaines.

L'Organisation mondiale de la Santé affirme que la diarrhée demeure une cause principale de maladie et de décès dans le monde en développement. Chaque année, environ 2,2 millions de personnes meurent de la diarrhée; 90% de ces décès surviennent chez des enfants, la plupart dans les pays en développement. Un nombre important de décès est dû à un seul type de bactérie, Shigella, qui provoque la dysenterie ou des diarrhées sanglantes. Elle est facilement contrôlée par l'amélioration de l'hygiène, de l'approvisionnement en eau et de l'assainissement. Bien qu'aucun vaccin n'existe et que les antibiotiques puissent être inaccessibles pour de nombreuses personnes, une intervention efficace est possible. L'acte simple qui consiste à se laver les mains à l'eau et au savon réduit les Shigella et d'autres types de diarrhée d'un niveau pouvant aller jusqu’à 35%.

Gestion de l'eau pour reduire les risques sanitaires

La transmission de la maladie est également importante dans les communautés vulnérables parce que celles-ci vivent dans des environnements qui favorisent la reproduction des vecteurs insectes porteurs de parasites tel celui du paludisme, les filaires et les trypanosomes. La plupart de ces derniers ont besoin d'eau pendant une partie de leur cycle de vie. Trois cent millions de personnes souffrent de paludisme et on estime qu'en Afrique subsaharienne seule, le paludisme tue un million de personnes par an, la grande majorité étant des enfants de moins de cinq ans. Les autres points chauds du paludisme sont l'Asie du Sud et du Sud-Est, et des parties de l'Amérique du Sud.

Le diagnostic et le traitement précoces ainsi que la protection personnelle par l'utilisation de moustiquaires bon marché, imprégnées d'insecticide, continuent d’être le fer de lance des programmes de lutte contre le paludisme. Cependant, la capacité à traiter la maladie de manière efficace est mise en péril du fait des problèmes croissants de résistance aux médicaments et par les contrefaçons de médicaments, tandis que l'utilisation des moustiquaires rencontre des problèmes d'abordabilité et d'acceptabilité sociale.

Dans de nombreuses zones, en particulier celles dans lesquelles les mécanismes de transmission sont moins intenses, la gestion de l'environnement dans le cadre de la gestion intégrée des vecteurs peut réduire la propagation de la maladie de manière considérable. La gestion de l'eau, essentielle à cette approche, devrait être basée sur une évaluation et une compréhension adéquates de l’écologie des vecteurs locaux.

De nombreux fermiers pauvres dans les zones semi-arides peuvent être dépendants pour leur approvisionnement en eau à des fins agricoles d'un petit nombre de riches propriétaires terriens qui ont les moyens d'investir dans le percement de forages. Dans les zones de culture de riz du Tamil Nadu dans le Sud de l'Inde, ces situations ne sont pas rares. La dépendance vis-à-vis de l'eau fournie par un riche fermier peut créer des écarts entre le moment auquel l'eau peut être achetée et le cycle des cultures. Les champs de riz peuvent donc être inondés pendant des semaines et devenir d'importants gîtes larvaires pour les moustiques de type Culex, lesquels peuvent transmettre l'encéphalite japonaise. Les flambées de maladie tuent au minimum 20% des personnes souffrant des symptômes cliniques - principalement des enfants. Vingt pour cent des survivants gardent des séquelles permanentes au niveau du système nerveux central.

L'augmentation des pénuries d'eau pour l'irrigation peut contribuer à la réduction du problème posé par l'encéphalite japonaise. Etant donné que les fermiers doivent gérer l'eau d'irrigation en tant que ressource de plus en plus rare, la promotion des pratiques d'inondation et d'assèchement alternés des champs de riz contribuera à une réduction de la population de vecteurs et donc, du risque de flambées.

A Bamako, la capitale du Mali, les pauvres paient jusqu’à 45 fois plus par unité d'eau que les riches qui reçoivent l'eau par adduction à domicile, souvent à prix subventionnés. En 1988, Cairncross and Kinnear estimaient que 25% de la population vivant dans les villes des pays en développement achetait l'eau de vendeurs, dépensant habituellement 10%-20% du revenu familial.

Sauver la vue

Le trachome peut être évité en améliorant l'assainissement, en réduisant les gîtes larvaires des mouches et en apprenant aux enfants à se laver le visage avec de l'eau propre. Le trachome causé par la microscopique Chlamydia Trachomatis demeure la principale cause de cécité évitable - avec un nombre estimatif de

6 millions de personnes souffrant de perte de vue et 146 millions de cas aigus dans le monde.

L'eau et la santé: le rapport avec la pauvrete

Presque tout le monde craint la mauvaise santé et la maladie. Les nécessiteux ont tendance à vivre avec ce qu'ils gagnent sur une base quotidienne et n'ont pas de réserves d'argent liquide pour payer les frais impliqués par une maladie soudaine. La perte de revenus et l'incapacité à payer les frais de traitement peuvent pousser la famille vers davantage de pauvreté et d'endettement, perpétuant ainsi le cycle de la pauvreté.

Si vous n'avez pas d'argent aujourd'hui, votre maladie vous conduira droit à la tombe

Un vieil homme au Ghana, 1995

Les communautés pauvres sont souvent forcées de surexploiter leurs ressources naturelles afin de survivre. Les ressources hydriques sont particulièrement vulnérables. Dans de trop nombreux cas, les gens en abusent à un tel degré qu'elles ne suffisent plus pour subvenir aux besoins communautaires de base et finissent par présenter des risques graves pour la santé. Toutefois, les opportunités de renverser la situation existent. Il est nécessaire de donner la priorité à la gestion de l'eau et au développement et il faut que les communautés jouent un rôle majeur dans la résolution de leurs propres problèmes. Ceci comprend l'engagement complet des communautés dans la planification et le développement de leurs propres systèmes d'approvisionnement en eau.

Près de 70% des 1,3 milliards d'habitants qui vivent dans une pauvreté extrême sont des femmes. Les femmes - notamment les pauvres - sont souvent prises dans un cycle de maladie exacerbé par les grossesses et le travail physique difficile.

Eliza Fenlas, une mère de trois enfants vit à Inhambane, l'une des provinces les plus sèches du Mozambique; elle fait cinq heures de marche par jour pour couvrir 24 kilomètres afin d'aller chercher 20 litres d'eau. Elle attend avec joie et impatience le jour où la zone bénéficiera d'un programme d'eau saine. Elle dit qu'un puits proche fera une grande différence dans sa vie. Elle aura davantage de temps pour les tâches ménagères et l'agriculture. Elle aura davantage d'eau disponible pour laver. Elle espère que l'eau saine mettra un terme à la diarrhée chronique de son fils de sept ans.

Source: UNICEF

Le droit au plus haut niveau de santé que l'on puisse atteindre est un droit de l'homme fondamental qui englobe une large gamme de facteurs socio-économiques et qui fait la promotion de conditions dans lesquelles les populations peuvent mener une vie saine; il s’étend jusqu'aux déterminants sous-jacents de la santé tels que l'accès à l'eau saine et potable et l'assainissement adéquat, ainsi qu'un environnement sain.

Les inégalités choquantes dans la fiabilité et la qualité des services d'approvisionnement en eau créent un marché pour les vendeurs d'eau et encouragent l'utilisation de sources et de puits locaux non potables dans les bidonvilles urbains.

Des inégalités similaires dans l'accès à l'eau saine, notamment dans les zones rurales, forcent les femmes des pays en développement à passer des heures chaque jour à aller chercher de l'eau, provoquant une perte de leur énergie, de leur potentiel de production et de leur santé. Le manque d'eau de bonne qualité et fiable représente un risque pour la santé des populations et peut les forcer à puiser l'eau d'autres sources non potables, les exposant ainsi à la diarrhée, à la dysenterie, au choléra, à la typhoïde et à la schistosomiase. Les puits traditionnels peuvent être pollués par des résidus agrochimiques alors que l'agriculture irriguée s'intensifie.

Le fossé entre riches et pauvres devient bien trop grand en ce qui concerne le manque d'eau pour la boisson, l'irrigation et l'assainissement, et l'incapacité à maintenir l'intégrité des écosystèmes dont les hommes dépendent, s'accroît. Partout, les pauvres du monde entier - qu'il s'agisse du Bangladesh, du Vietnam, du Kirghizstan, du Malawi, etc. - citent le manque d'eau de boisson saine comme l'un de leurs problèmes les plus importants.

Une bonne eau, une bonne santé et une meilleure vie sont des buts nobles en eux-mêmes. Mais les services de base pour les nécessiteux sont aussi une obligation morale et qui touche aux droits de l'homme. Cette vue est trop souvent ignorée par ceux qui conduisent le développement et par les pauvres eux-mêmes. Puisque les défavorisés souvent ne sont pas conscients du fait qu'ils ont droit à des services de santé qui fonctionnent correctement - de l'eau de bonne qualité et une bonne santé -ils n'ont pas pu les obtenir.

Occasions manquees

Lorsque des femmes et des enfants perdent quotidiennement des heures à marcher pour se rendre à la rivière et d'autres sources afin d'aller chercher de l'eau pour leur famille, ils ont peu de temps ou d’énergie pour poursuivre des études ou pour d'autres activités rémunérées. Les lourdes charges qu'ils portent peuvent causer des déformations du squelette et accélérer la détérioration des articulations.

Tout le monde tire profit d'un bon assainissement. Mais les filles sont celles qui en bénéficient le plus. Elles ont rarement accès à l’éducation parce qu'elles doivent aider aux tâches domestiques et, lorsque l'argent est compté, ce sont habituellement les garçons qui sont choisis pour aller à l’école ! Une raison importante pour laquelle les filles abandonnent l’école dans les pays en développement - principalement en Afrique et en Asie - est due à l'absence d'installations d'assainissement.

Les études montrent que la fréquentation scolaire par les filles augmente lorsque sont installées des latrines séparées pour les filles et les garçons. Dans une école au Bangladesh où l'UNICEF a commencé à faire la promotion des installations séparées, la fréquentation scolaire des filles a augmenté de 11 % en moyenne par an.

Le manque de fiabilité des systèmes d'approvisionnement en eau potable dans les zones rurales dans certaines parties de l'Inde a encouragé les gens à stocker de l'eau à domicile pour couvrir les périodes pendant lesquelles l'approvisionnement est interrompu. Ceci a provoqué des flambées de dengue parce que l'eau stockée fournissait des gîtes larvaires aux moustiques de l'espèce Aedes.

Un approvisionnement en eau, un assainissement, une hygiene et une gestion de l'eau de bonne qualite contribuent a prevenir:

L'anémie, l'arsénicisme, l'ascaridiase, la campylobactériose, le choléra, la dengue, la diarrhée, la dracunculose, la dysenterie, l'encéphalite japonaise, la fièvre typhoïde, la fluorose, la gale, l'hépatite infectieuse, l'impétigo, l'empoisonnement par des cyanobactéries, la malnutrition, la méthémoglobinémie, le paludisme, le saturnisme, la schistosomiase, la teigne (tinea) et le trachome.

2. Pourquoi faut-il agir

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